LA PLENITUDE (1920-1940)
Inspiré également par l'exemple de Cézanne, modèle à ses yeux de l'artiste et de l'esthétique à suivre, Ramuz publie deux textes brefs, Chant de notre Rhône (1920) et Salutation paysanne (1921): véritables manifestes dont les titres expriment les orientations qui dorénavant seront les siennes. Une oeuvre héritière du berceau méditerranéen, et le salut par un enracinement dans un univers rustique.
Peu à peu, celle-ci s'impose par son ampleur, son originalité stylistique et thématique. Les grands récits se succèdent, ayant pour décor, voire pour "actant", l'Alpe ou le Léman, ou les vignes du Pays de Vaud. Plus que des romans traditionnels, ces textes sont des paraboles mettant en images les préoccupations existentielles de l'écrivain. Dans le centre de l'Alpe: l'angoisse (La Grande Peur dans la Montagne, 1926), la liberté (Farinet ou La Fausse Monnaie, 1932), l'amour (Derborence, 1934); dans le cadre du Lac: la beauté (La Beauté sur la terre, 1927), le couple (Adam et Eve, 1932) et la soif d'absolu (Le Garçon savoyard, 1936); le statut de l'écrivain sous la forme d'un vannier en terre vigneronne (Passage du Poète, 1923)